Les Français sont moroses : la crise économique pèse sur leurs épaules, les réformes font peur comme le chômage ou la baisse du pouvoir d’achat… Alors pour retrouver un peu de baume au cœur, ils trouvent refuge dans le divertissement. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Guy Lagache, présentateur sur M6 de l’émission « Capital ». Pour nous le prouver, dimanche il proposait une enquête sur les nouveaux rois du divertissement qui eux, contrairement à vous et moi, arrivent à tirer leur épingle du jeu et à ne pas se soucier de leur pouvoir d’achat.
Je ne vous rapporterai pas ce qui s’est dit sur les humoristes ou les chanteurs, je vous laisse le soin de revoir l’émission vous-mêmes sur M6 Replay, je me contenterai de vous faire part de l’enquête sur les coulisses de l’édition, enquête qui ne manquait pas d’intérêt. Bien sûr, une enquête sur les rois du divertissement ne pouvait se faire sans Bernard Fixot. L’éditeur montrait ses stratégies pour ne publier que des best-sellers. J’avais donné quelques recettes il y a quelques jours ici-même mais pour « Capital », Bernard Fixot a bien voulu en donner d’autres. Pour fabriquer un best-seller donc, il faut trouver des personnages symboles d’une grande cause : Ingrid Betancourt, Souad, la jeune femme brûlée vive par sa famille parce qu’on l’a vue parler à un garçon … Ces femmes sont des héroïnes, selon l’éditeur, et notre société a besoin de ces personnes porteuses d’espoir. Il ne suffit pas d’avoir une histoire exceptionnelle pour que les lecteurs aient envie d’acheter le livre, il faut aussi que les auteurs soient présents sur les plateaux télé et sachent répondre aux questions des journalistes et susciter l’émotion. Bernard Fixot nous montre ainsi une vidéo où Ingrid Betancourt s’entraîne à parler devant une caméra…
Ce qui m’a particulièrement intéressée dans cette enquête ce ne sont pas les stratégies de vente des éditions XO, mais le portrait de l’éditeur Bertil Scali. A l’origine, Scali est une petite maison d’édition, née il y a quatre ans à peine et ne comptant que 5 employés. Sa spécialité est la musique, rock et Folk en particulier. Elle publie également des romans, des dictionnaires sur la littérature… Bref, des livres de qualité, réservés à un lectorat confidentiel. Mais depuis quelques mois, Bertil Scali, pour faire vivre sa maison, a décidé de changer, en partie, sa ligne éditoriale. A côté des ouvrages spécialisés, Scali publie des livres grand public. Au moment du tournage de l’enquête, Claire l’Hoër signait son livre humoristique sur les Ch’tis, surfant ainsi sur le succès de Danny Boon. Depuis, la mère de Michel Houellebecq, Lucie Ceccaldi a fait paraître un livre qui a fait couler beaucoup d’encre et qui, sans doute, se vend comme des petits pains : L’Innocente. Grâce à ces sujets en plein dans l’actu ou fortement polémiques, Scali parvient à toucher un public plus large, à faire parler d’elle dans tous les médias, y compris sur M6 ! Finalement, c’est avant tout cela que montrait cette enquête : comment une petite maison (fort prolixe au demeurant puisqu’en 2007 déjà, elle publiait 4 livres par mois) parvient à survivre voire à prospérer dans un milieu difficile.
ajouter un commentaire commentaires (5) recommander











Commentaires